Piano-Forte à Chavaniac

Le cabinet vert
La "chambre de la femme Lafayette"


Bien que le château de Chavaniac n’ai pas conservé intactes ses dispositions du temps ou le marquis de Lafayette l’a fait reconstruire, au début de la Révolution de 1789, les récents aménagements, engagés depuis 2012, nous ont conduit à rechercher les détails de l’ameublement de ces pièces au temps de Lafayette.
Ne disposant pas des inventaires révolutionnaires de Chavaniac, ils sont la propriété de l’université de Cornell aux Etats-Unis, nous nous sommes intéressés au procès-verbal de la vente aux enchères des meubles et effets réalisée en l’An II. De ces documents, disponibles aux Archives départementales de la Haute-Loire, il ressort que la qualité et l’abondance du mobilier distinguent fortement les chambres les unes des autres.

De fait, toutes les chambres "de maîtres" ont des meubles en bois dur, surtout des commodes, parfois des secrétaires ou des écritoires, de bonnes literies, des équipements à feu pour les cheminées, des rideaux aux fenêtres, et des trumeaux de cheminée.

Ainsi la "chambre de la femme Lafayette", comporte un lit plus que convenable, une foison de sièges, un trumeau en deux pièces, quatre tables à jeu, une bibliothèque en bois dur, etc. Et un "forte-piano".

Avec autant de sièges et de tables, y compris de jeu, et un piano cette chambre est le centre vivant de la maison. On s’y réunit en nombre, on y lit, on y joue, on y fait de la musique. Aussi, dans le cadre de la restauration du cabinet vert et de la chambre de Madame de Lafayette, la présence d’un piano-forte est certainement l’évocation la plus fidèle d’Adrienne de Noailles-Lafayette.

Piano-forte KIRKMAN

Ce piano-forte, datant de 1783, est l’œuvre du manufacturier de même nom, Jacob Kirkman, alsacien d’origine suisse, dont l’entreprise remonte aux années 1730. Ébéniste de formation, il part travailler en Angleterre où il sera naturalisé en 1775. Il s’intéresse au "piano-forte" des 1770, dont il deviendra un facteur reconnu pour la qualité de ses instruments. A sa mort en 1792, ses héritiers poursuivront l’activité de la manufacture jusqu’en 1896, date à laquelle elle sera vendue à Collard.

Il reste peu de piano-forte Kirkman de cette époque, parmi ces derniers, quatre sont aux Etats-Unis (1778 - 1779 - 1789 - 1775) un est à La Haye (1798) et le 1783 est désormais au château de Chavaniac-Lafayette en hommage à Adrienne.